drbloodmoney's posterous

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Jun 27 / 10:09pm

Fairy Tales In Yoghourt "démo 09" (Autoproduction)

Il a fallu quand même deux  ans pour que cette démo arrive à mes oreilles et juste quelques minutes pour que je tombe sous le charme grâce à ses mélodies accueillantes et légères mais qui ne manquent jamais de mordants.

L'ensemble est baigné d'un voile mélancolique nichés dans des douceurs harmoniques comme sur la fragile et touchante "beavers" que n'aurait pas renié Loyola ou "silver" qui lorgne du côté de Sparklehorse.

Le tout est l'oeuvre d'un seul homme, Benoît Guchet et c'est un véritable travail d'orfévre tant on n'entend jamais le moindre défaut. Cela reste d'une grande fragilité mais sans jamais se casser la gueule comme sur "jet house gore" avec ce thème radioheadesque qui clotûre magnifiquement cette démo, on peut penser qu'il va trébuché alors qu'au contraire il réussit là une passionnante folk song.

A déguster sans modération ici.

Jun 5 / 12:37pm

Liturgy "Aesthethica" (Thrill Jockey-2011)

Tout d'abord ne tournons pas autour du pot, on est en présence ici d'une musique sophistiquée, extrême, radicale.

Une musique répétitive avec ces guitares aux mélodies, parfois post-rock, hachés menus par les blasbeats d'un batteur complétement ravagé portés par un chant, un cri démentiel parfaitement résumée dans l'apocalyptique "Glory Bronze".

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Cette sensation de répétition peut faire parfois penser à Lightning Bolt comme sur l'énorme "Generation", on sent tout au long de ce disque l'influence de Glenn Branca dans ce mur de guitares que nous assénent le quatuor de Brooklyn, influence qu'ils revendiquent d'ailleurs complétement.

Un croisement idéal entre le métal de Today Is The Day ou Dilinger Escape Plan et les symphonies guitaristiques d'Action Beat.

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Ces déflagrations noises, ces montées de violence, comme sur "Harmonia" ou la neurosienne "Veins Of God", qui traversent l'ensemble de l'oeuvre nous font monter dans un grand huit, un shaker émotionnel dont on ne ressort pas complétement indemne après chaque écoute.

On y trouve aussi en guise d'introductions de certaines chansons des choeurs, de l'électro. Ce qui montre bien le degré d'ouverture de ce groupe dont la musique peut paraître parfois claustrophobique et qui permet d'entrevoir quelques rayons de soleil dans ce ciel obscur.

On n'adhére ou pas mais ils délivrent ici la plus belle proposition musicale de l'année.

Un disque fou, libérateur, jusqu'au-boutiste.

May 23 / 11:02pm

Pete And The Pirates " one thousand pictures" ( Stolen recordings - 2011)

Trois ans après "Little death", je pensais sérieusement que le quintet de Reading ne sortirai plus jamais d'album.

Et ce retour aux affaires est marqué dès les premiéres notes par un son plus dure, plus froid que par le passé. Ce gain de sérieux est clairement un point négatif de leur nouvel effort car au passage ils ont également perdu leur sens de la mélodie accrocheuse, entêtante à l'exception de "Motorbike", exit cette power pop rafraîchissante qu'ils savaient parfaitement maîtrisée.

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Car oui il y a toujours quelques instants de pure "pop" mais ils n'arrivent que très rarement à retouver leur fulgurance qui s'est perdu dans ce semblant de "mur de guitares". Il y a comme un sentiment bizarre qui s'installe au fil des écoutes, comme s'ils voulaient devenir une grosse machine de stade comme sur l'interpolien "United" et ceci finit par me déranger plutôt que m'enchanter.

Sur certains titres il y a même des synthés psychédéliques qui viennent parasiter leur musique ("Can't Fish", "Come To The Bar") avec un arriére goût de déjà vu et fait avec moins de brio que chez Grandaddy par exemple.

Finalement ce retour aux affaires est plus que mitigé et je sais maintenant que je vais espérer qu'ils ne sortent plus jamais d'autres disques.

Mar 7 / 7:22pm

PJ Harvey - Let England Shake (Island-2011)

Ca fait maintenant une dizaine d'années que mon aventure avec la mère Harvey s'essouffle un petit peu, depuis "Is This Desire" en faites. Les albums suivants ne m'ont guère convaincus.

Entourée de son comparse John Parish et de Mr Mick Harvey, elle nous délivre ,de sa voix légère et accompagnée pour la première fois de choeurs, de douze titres poétiques, sombres et rageurs sur l'état du monde avec pour thème principal : la guerre.

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Ce disque est chargé de mélancolie mais d'une douce mélancolie où l'on s'y sentirait bien, comme un cocon qui nous protègerait justement de ce monde extérieur, tout en raffinement et en douceur.

Sur "All & Everyone" et "In The Dark Places", elle atteint des sommets de compositions avec ces fins cuivrées et raffinées qui nous emportent aux confins de l'émotion avec l'écume aux bord des yeux, tout simplement bouleversant et sublime !

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Malgré l'utilisation de samples loin d'etre convaincant sur l'ensemble de l'album ( trompette de cavalerie sur "The Glorious Land", titre intéressant malgré tout), c'est une PJ Harvey inspirée et de retour, pour moi, au premier plan qui s'offre à nous.

Un disque spleenien !!

 

Mar 2 / 12:13am

Radiohead - the king of limbs (2011)

Ne tournons pas autour du pot, cet album de Radiohead ne restera pas dans les annales, c'est un album en roue libre que le groupe nous délivre. Certes ce manque de (r)évolution déçoit mais n'oublions pas non plus de préciser que beaucoup de groupes ne prennent jamais un seul risque pendant toute leur carrière et vu,eux, le nombre de fois qu'ils en ont pris, une petite incartade est pardonnable.

Mais revenons à la musique avec dès le début ce "Bloom" qui ne décolle jamais vraiment et qui s'embourbe tout au long de ces 5 minutes, c'est sur qu'avec un début pareil, on ne tient pas là le chef d'oeuvre du combo d'Oxford.

L'enchainement de "Morning Mr Magpie" et "Little By Little" est loin d'etre déplaisant mais également loin d'etre enthousiasmant ,on les dirait tout droit sortie de "chutes de studio" de "In Rainbows", c'est pas pour me déplaire mais c'est du déjà vu enfin entendu. S'ensuit "Fural" où l'on retrouve la passion de Thom Yorke pour le dubstep mais sans avoir véritablement le talent ou la prouesse de certains producteurs actuels, on est à des années lumières d'"Idiotheque".

"Codex" et "Give Up The Ghost" relèvent un petit peu le niveau sans non plus atteindre des sommets, sommet gravit (enfin) avec "Separator",  celle qui sauve, toute proportion gardée, ce disque de l'ennui. Ces quelques minutes de pure élégance, un folk spatial emmené par une basse tout en rondeur et une intelligence de mélodie mouvante, redonnent de l'espoir, tout n'est pas perdu,mais en effet il faut vraiment la séparer du reste.

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Et faut-il vraiment parler du marketing "douteux" de Radiohead qui vend deux fois son produit, quitte à aller soi-disant contre une certaine idée de l'industrie musicale, autant y aller jusqu'au bout et vendre leurs produits que sur le net, pourquoi cet immobilisme?

Un disque sans passion pour un groupe qui lui,d'habitude, l'est au plus haut point. Vivement la suite?

 

Jan 9 / 2:03pm

The Soft Moon "s/t" - (2010) - Captured Tracks

Une fine couche d' A Place To Bury Strangers, un soupçon d'Interpol et une pincée de The XX. Voilà ce que l'on peut retrouver dans l'album de The Soft Moon, pseudo derrière se cache un seul homme, Luis Vasquez. Sorti sur l'excellent label Captured Tracks, les 11 chansons composant ce disque sont de véritables douceurs vénéneuses aux mélodies cristallines et à la mélancolie souterraine.

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Sur certains titres, on retrouve des lignes de basses tout droit sorti des meilleurs compositions de Siouxsie And The Banshees, le tout parasité par des montées de synthés hallucinatoires "from outer space" et accompagné de sa voix brumeuse.

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L'ensemble nous emmenant dans des contrées oniriques simplement éclairées par une délicate luminosité provenant de cette douce lune.

 

 

Dec 19 / 5:05pm

2010

Cette année 2010 a une nouvelle fois vu un nombre incalculable de bons disques déboulés des quatre coins de la planète sur notre platine:The National, Jeremy Jay, Ten Volt Shock, Les Savy Fav, Lucertulas etc... et la France y a tenu comme depuis quelques années maintenant un role important.

De The Feeling Of Love à Ntwin, de Laetitia Sheriff à The Good Damn, en passant par Les Marquises ou le label Herzfeld, on a eu le droit à une production riches et variées explorant et croisant les différentes palettes musicales. Seul bémol, le hip hop,mis à part Casey, mais là c'est de l'autre coté de l'Atlantique qui faut se précipiter avec Apollo Brown, qui est un des personnages principaux de cette saison musicale 2010 entre son album solo et ses différents projets, sans oublier non plus Blacastan ou Flying Lotus.

Bien sur comme tous les ans, on a le droit aussi à notre lot de révélations: Bermuda Triangles, Balaclavas, Fatalists, Grids, Wisdow Teeth et de retours improbables: Three mile Pilot, Swans, The Third Eye Foundation. Malgré le départ de son mythique chanteur, The Ex a réussi un des disques de l'année et retrouve là une seconde jeunesse. Scout Niblett, Dark Dark Dark et la fraiche Agnes Obel ont su mettre un peu de douceur dans ce monde de brut.

Et puis si il n'en fallait retenir que cinq, voilà ce que cela pourrait donner :

Nonehundred

The Conformists "None hundred" (Sickroom/Africantape)

The_left

The Left "Gas mask" (Mello Music Group)

Liars
Liars "Sisterworld" (Mute Records)

Ventura
Ventura "We recruit" 'Africantape)

Gonjasufi
Gonjasufi "A sufi & a killer" (Warp)

Dec 7 / 9:14pm

Xnoybis / Sofy Major / Unsane "Du lourd en veux-tu en voilà"

Venant de Clermont-Ferrand, Sofy Major nous délivre avec leur nouvel album,"Permission to engage", une noise-post hardcore des plus classiques. Rien de nouveau sous le soleil de Satan, et ceci malgré une production plutôt impressionnante, peut-être est-ce moi qui suis devenu imperméable à ce style de musique, en tout cas je ne vais pas m'attarder plus longtemps sur ce disque.

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Egalement sorti grâce à  Prototype Records, label de Montpellier, le cas Xnoybis m'intéresse beaucoup plus, surtout après le split 45 tours avec Pord et cette chanson "Picardian fight song" qui m'avait fortement marquée et que l'on retrouve sur ce mini album "Meanwhile" composé de 5 titres.

Deux années se sont écoulées entre les deux sessions d'enregistrement du disque où Xnoybis est passé de trio à duo, après le départ du guitariste qui a été remplacé par le bassiste. Ces gars-là ont clairement été marqués par la noise de Dazzling Killmen. C'est donc une noise sale, torturée et complexe qui déboule de nos enceintes pendant 37 minutes. Ca vous prend aux tripes dés les premières mesures de "Maybe next time" pour ne plus vous lâcher jusqu'à la fin, même les 10 minutes de "Three or four shades of grey" passent comme une lettre à la Poste grâce à cette tension incroyable qui en découle. Vivement la suite!!

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En guise de petit cadeau un titre d'un des trois nouveaux morceaux d'Unsane sorti sur Coextinction Recordings (label qui apparemment ne sortira que des mp3 et qui a été crée par Dave Curran et Chris Spencer d'Unsane, James Paradise de Players Club et du producteur Andrew Schneider). Unsane est en grande forme, Vinnie Signorelli tape toujours aussi fort sur sa batterie, Chris Spencer est toujours présent pour déverser sa bile et ses lignes de gratte à la gueule du monde et Dave Curran nous délivre des lignes de basse éléphantesques. Du grand art!!

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Unsanelogoblood

Nov 17 / 7:46pm

Roc Marciano " Marcberg" ( FatBeats Records-2010)

Un bon son brut pour les truands comme le chantait les marseillais d' I AM.

Sur le premier album de Roc Marciano, membre du Flipmode Squad de Busta Rhymes, on y trouve son compte, entre son nom tout droit sorti d'un film de gangster et cette musique inspirée par le hip-hop new-yorkais des 90's, ville d'où il est originaire.

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L'atmosphère du disque nous permet de déambuler dans la "Big Apple" entre ruelles sombres et mal famées et parc ensoleillé où l'odeur de "l'herbe" fraichement coupée embaume les lieux. Instrus minimalistes, beats claquants, samples plus judicieux les uns que les autres s'entrechoquent sur ces 50 minutes. La seule faute de gout provenant sans aucun doute de cette pochette des plus repoussantes.

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Il assure entièrement la production des chansons et enfilent, pour le coup, les perles musicales comme Carla Bruni les amants.

Après Apollo Brown, Blacastan, Brown Study ou The Roots, Roc Marciano prouve que cette année 2010 est l'une des plus riches depuis bien longtemps dans le monde du hip-hop.

Nov 4 / 4:27pm

SHANNON WRIGHT "SECRET BLOOD" ( Vicious Circle - 2010)

Neuvième album, en comptant celui avec Yann Tiersen, et quatrième produit par Steve Albini pour cette américaine que j'avais un peu laissé sur le bord de la route du rock depuis l'album "Over The Sun" en 2004. Ces disques suivant avaient perdu en tension en adoptant une production plus pop, plus légère et c'était justement cette tension qui faisait sa force.

Elle revient ici à l'essentiel avec des compositions aride, brute comme le son, le duo Wright/Albini fonctionnant de nouveau à merveille. Albini redevenant un des tout meilleurs producteurs actuels au regard de ces derniers travaux, soit sur le magnifique dernier The Ex ou soit sur le très beau Scout Niblett.

L'album est traversé par quelques fulgurantes chansons aux guitares dissonantes telle "Commoner's Saint" ou "Fractured". La présence d'un disque de Black Flag sur la pochette n'est certainement pas anodine et prouve ainsi son amour pour les guitares saignantes.

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Le reste se situe dans un registre plus apaisé, plus vulnérable comme elle a toujours su le faire. Sa sensibilité (ré)apparait au grand jour, elle redevient cette écorchée vive au piano tremblant que j'ai tant apprécié il y a quelques années.

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Un retour au premier plan que l'on pourra juger le 23 Novembre prochain sur la scène de l'Antipode.