drbloodmoney's posterous

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September 2010

Sep 24 / 5:09pm

Herzfeld Orchestra (2010)

On retrouve sur cet enregistrement la totalité de la famille Herzfeld, le label strasbourgeois qui, au fil des années, est devenu l'un des plus passionnants de ce pays (Loyola, Buggy, Electric Electric, Original Folks.....).

Tout au long de ces douze chansons, on retrouve le savoir-faire des uns et des autres et on oscille entre folk de la foret noire (Supermaket Song), new-wave au ralenti (Days of Dew), ou pop synthétique (Flashlights). On retrouve cette précision mélodique, cette recherche de la note juste qui est véritablement une des marques de fabrique de ce label.

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N'oublions pas non plus ce talent à mettre du c(h)oeur dans leurs chansons. Le refrain de "Herzfeld Anthem" est exactement le genre de chose que l'on peut siffloter partout où l'on va et toute la journée.

(download)

A l'instar de Loyola (tiens donc) ou de We Only Said, le Herzfeld Orchestra signe un disque majeur, indispensable, inévitable dans le paysage pop-rock français.

Un Chef d'oeuvre.

Sep 16 / 11:46pm

Perfume Genius "Learning" Matador 2010

Sur ce premier album, on peut dire que Mike Hadreas s'est littéralement mis à nu.

De sa frele voix s'échappent des textes autobiographiques et torturés ( sur Mr Peterson, il évoque l'histoire d'un prof pédophile et suicidaire qui séduit son élève avec des cassettes de Joy Division) nous dévoilant ainsi une part intime et sombre de son existence. Il a voulu chasser ses démons intérieurs.

La musique, essentiellement composée au piano, est dépouillée, minimaliste, il égrène ses notes avec fragilité, sensibilité. Cela me fait penser à un croisement entre les premiers Xiu Xiu et du Cat Power.
Quand il délaisse temporairement son piano, c'est pour créer une musique plus "ambient" que n'aurait pas renié Angelo Badalamenti pour la B.O de Twin Peaks.

Au final, on a le droit à 29 minutes de pur raffinement. A suivre.

Sep 11 / 12:53pm

Gonjasufi "A sufi & a killer" Warp 2010

Bien au delà de la musique, il y a d'abord ce personnage énigmatique,né d'un père éthiopien et d'une mère mexicaine, vivant dans le désert de Las Vegas. Gonjasufi, de son vrai nom Sumach Ecks, a un cv plutot étrange (pompiste pour avion, professeur de yoga) avant de se lancer dans une carrière musicale qui n'a jamais décollé jusqu'au jour où il croise la route du producteur Gaslamp Killer.

En effet, sur cet album, on retrouve à la production Gaslamp Killer donc, mais aussi Flying Lotus et Mainframe. Ils mettent au service de sa voix rocailleuse et plaintive une musique où se télescope hip hop lo-fi, pop bluesy, soul tordue et influences moyen-orientales ou indiennes.

Le tout fait de ce disque un briseur d'espace-temps, on est continuellement bercé entre une musique avant-gardiste et les racines de la terre de ses ancetres.

Bienvenue dans un voyage total, mystique, aride et psychédélique. GRANDIOSE.

Sep 6 / 4:16pm

Les Diaboliques d'Henri-Georges Clouzot

1955

Deux ans après l'énorme succès obtenu avec 'Le salaire de la peur' (ours d'or et palme d'or), Henri-Georges Clouzot réalise 'Les diaboliques', tiré d'un roman de Boileau-Narcejac, 'Celle qui n'était plus'.

Paul Meurisse incarne un directeur de pensionnat cruel envers sa femme et sa maitresse (interprétées respectivement par Véra Clouzot et la vénéneuse Simone Signoret). Les deux femmes, qui sont au courant de leur trouble relation à trois, vont s'allier autour d'un plan machiavélique pour assassiner ce dernier.
Derrière ce magnifique trio, on note quelques seconds roles de qualités: Pierre Larquay (déjà vu dans 'Le corbeau' ou 'L'assassin habite au 21) et Michel Serrault dont c'est le premier role au cinéma. A noter aussi la présence anecdotique de Johnny Hallyday parmi les élèves du pensionnat.

La trame narrative prend place autour de deux lieux: le pensionnat à St-Cloud et l'appartement de Nicole (S.Signoret) qui se situe à Niort (ville natale d'HG Clouzot). Deux lieux dont le principal élément est l'eau: mobile du crime et lieu de disparition.
L'absence de musique, à part pour les génériques de début et de fin, renforce cette sensation de suspense crée par la mise en scène (gros plans des visages, sons naturels....) et par un superbe travail sur les jeux d'ombres. Disparition, apparition, tel pourrait etre la synthèse de ce film. Clouzot arrive là au niveau du maitre Hitchcock, qui d'ailleurs s'inspira en 1958, après le succès des 'Diaboliques', d'un autre roman de Boileau-Narcejac pour réaliser 'Sueurs froides'.

Sep 3 / 11:00am

Raekwon "only built 4 cuban linx...."

1995

 

Premier album de Raekwon, membre du génialissime Wu-Tang Clan, collectif qui a fait explosé le hip hop au début de la précédente décennie.

La production a été confié entièrement à RZA qui réalise là un travail d'orfèvre, il est au sommet de son art, me faisant penser à un Martin Hannett du hip hop.

Basses fracassantes, cinglantes rencontrent samples oppressants, à base de notes de pianos et de violons, et production plus soul. Une des merveilles de l'album est l'inégalable 'Rainy Days', dont l'ambiance sonore convoque grincements, croassements de corbeaux et bruits d'orages et nous emporte dans les bas fonds de New York. On retrouve également le tube 'Ice Cream' et ses paroles devenus cultes: 'I scream, you scream, we all want ice cream'.

Les textes piochant essentiellement dans l'imaginaire mafieux sont mis au service d'un flow agressif mené par Chief Raekwon, entouré d'une partie du crew mais surtout de Ghostface Killah ( qui sortira l'année suivante son premier album, le fabuleux Iron Man).

Un des chefs d'oeuvre des années 90.

 

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Sep 1 / 11:29pm

Honkeytonk Man de Clint Eastwood

1982

 

Pour ce film, Clint Eastwood a mis de sa personne, il occupe en effet la casquette de réalisateur, producteur, acteur et chanteur.

C'est l'histoire d'un chanteur de country, Red Stovell (interprété donc par C. Eastwood, qui chantonne lui-meme) à qui ont donne la chance de sa vie: une audition à Nashville, lui qui n'a jamais connu la notoriété.

Se sachant malade de la tuberculose, il s'entoure de son neveu (interprété par Kyle Eastwood) et du grand père de ce dernier pour un périple à travers les Etats-Unis post dépression .

C.Eastwood peint un magnifique portrait de l'Amérique profonde avec comme point d'orgue une tendre et émouvante relation entre le chanteur et son neveu qui se transforme peu à peu en relation père/fils. Red profite de ces instants pour lui transmettre un héritage riche en apprentissage en lui faisant découvrir toute les palettes de la vie.

Au final, on se laisse facilement embarquer dans cette odyssée et Clint Eastwood nous livre un de ses films les plus personnels.

A voir.

 

 

Sep 1 / 7:09pm

Ballaké Sissoko & Vincent Segal "Chamber music"

No format 2009

 

Voilà presque un an qu'est sorti ce mariage musical entre la kora de Ballaké Sissoko et le violoncelle de Vincent Segal.

Le jeu de B. Sissoko fait penser à celui d'un bluesman tandis que V. Segal jongle avec son instrument entre sonorité africaine et musique classique.

Cet entrelacement est une pure merveille auditive, les deux protagonistes s'exprimant d'une meme voie, nous emportant dans un univers apaisant, d'une indéfinissable douceur.

Quelques invités apparaissent sans tout de fois briser l'alchimie entre les deux complices, et rajoutant meme plus de force comme sur "Regret à Kader Barry" avec la voix d'Awa Sangho.

Pour finir les mots viendraient à me manquer à l'écoute de la dernière chanson "Mako Mady". Les deux hommes créant la limpidité absolue, mettant les glandes lacrymales a rude épreuve pendant les six dernières minutes de ce disque INDISPENSABLE.